« Le Gouvernement n’entreprendra aucune action pour aggraver le coût de la vie de nos laborieuses populations qui continuent à faire preuve d’une résilience extraordinaire ». C’est en ces termes que le Conseil des ministres du vendredi 9 octobre dernier, a rejeté la recommandation du Conseil consultatif de la refondation (CCR) qui préconisait une augmentation des prix des hydrocarbures dans des « proportions raisonnables » afin de « sécuriser l’approvisionnement du pays en produits pétroliers ».
Convoqué par décret 2026-517/PRN/MI/SP/AT du 1er octobre 2026 en session extraordinaire au titre de l’année 2026, les 5 et 6 octobre derniers, le Conseil consultatif de la refondation (CCR) devait entre autres, donner son avis au Gouvernement sur la crise du carburant qui secoue plusieurs localités du pays depuis plusieurs semaines.
Pour ce faire, le ministre du pétrole, M. Hamadou Tinni avait présenté aux conseillers, une communication chiffrée sur la situation des hydrocarbures au Niger et les réalités du terrain. Dans ce même exercice, le Directeur général de la Sonidep, qui sera limogé au lendemain de la plénière du CCR sur la « sécurisation de l’approvisionnement et la distribution des produits pétroliers sur l’ensemble du territoire national », est intervenu aussi pour édifier le CCR sur la question de l’approvisionnement, la distribution et la commercialisation des produits pétroliers par la Sonidep.
A l’issue de ces différentes communications, suivis des débats à l’hémicycle sur cette question brulante de l’actualité au Niger, le Conseil consultatif de la refondation a recommandé au Gouvernement une hausse des prix du carburant à la pompe, afin, estime-t-il, de faire face à la pénurie du carburant qui frappe le pays.
Une recommandation qui a soulevé un véritable tollé au sein de l’opinion, surprise de l’attitude et du comportement des conseillers CCR qui prétendent pourtant, « défendre les intérêts de la population ».
Conscient des conséquences drastiques qu’une augmentation des prix du carburant pourrait engendrer sur le quotidien, déjà difficile des populations, le Gouvernement a jugé utile d’écarter cette proposition afin d’éviter d’autres épreuves aux populations. Il balaya ainsi d’un revers de la main cette recommandation pour mettre en place un comité technique qui devait « identifier, à différents niveaux de la chaîne, les obstacles inhérents au segment pétrolier et proposer les mesures correctives appropriées ».
Parallèlement, rapportent les conclusions du Conseil des ministres du 9 octobre dernier, des « instructions sont données aux forces de contrôle pour traquer et poursuivre les auteurs, co-auteurs et complices des opérations de fraude du carburant savamment orchestrées contre le peuple nigérien ».
Contrairement aux conseillers CCR, le Gouvernement estime que les perturbations observées dans la filière de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers est « la résultante des contraintes structurelles et de gouvernance qui affectent la chaîne de production, de transport et de distribution des produits pétroliers », auxquelles s’ajoutent des « circuits informels et des cas de fraude qui entretiennent la pénurie et la surenchère desdits produits ». Pour tout autre prochain avis à donner au Gouvernement, les conseillers CCR se doivent de murir leur réflexion pour s’éviter une autre douche froide.



