A l’appel de plusieurs organisations de la société civile, la population de Niamey est sortie massivement pour réserver un accueil de grand jour au Président du Faso. Une mobilisation sans précédent qui a convaincu le Chef de l’Etat du Niger et son hôte, à parcourir, à pied, la distance reliant l’Aéroport de Niamey au Centre-ville pour saluer les populations. Immersion au cœur d’un accueil historique et d’une mobilisation sans faille.
Alors que la foule mobilisée aux alentours du rond-point 6ème pour accueillir le Chef de l’Etat burkinabé, Ibrahim Traoré, à son arrivée à Niamey était plongée dans ses causeries, le son, venant de loin, d’une sirène se fait entendre. Subitement, les causeries cessent. Il s’en est suivi un remue-ménage où ceux qui sont assis se mettent aussitôt debout et ceux qui le sont se rapprochent. Le tout, accompagné de sons stridents des vuvuzuela et de la musique de l’orchestre apprêté pour la circonstance. Un des spectateurs arrange sa moto et se hisse debout là-dessus. « C’est pour bien les voir », déclare-t-il, comme s’il veut s’expliquer auprès des Forces de défense et de sécurité qui le regardent.

Mais quelques minutes après, un élément de la Garde présidentielle fait signe à la foule d’avancer vers la seconde voie, comme pour dire qu’il est le seul à détenir l’information sur l’itinéraire de l’hôte du jour des Nigériens. Au moment où la foule s’exécuta, un « motard », roulant à vive allure passa et cria à qui veut l’entendre : « ils viennent à pied ! » Cette information diffusée en langue eut pour effet de galvaniser la foule dont certains membres étaient sur place depuis 15 heures.

La vitesse avec laquelle le motard de la Police nationale roulait finit par convaincre la foule qui devient de plus en plus impatiente de voir, pour la première fois, deux chefs d’Etat marchés à pied au milieu des milliers de personnes. Impatients et très marqués par la scène à laquelle ils sont en train d’assister, deux jeunes gens engagent une conversation. « Peut-être qu’ils sont dans un véhicule mais descendent pour saluer la foule », explique le premier. « Marcher de l’aéroport à ici ! », s’interroge le second. Mais le passage des éléments de la Garde présidentielle met fin à cette conversation.

Et pour cause ! De loin, le Chef de l’Etat du Niger, le Général de Brigade, Abdourahamane Tiani, avec à ses côtés, le Capitaine Ibrahim Traoré, Chef de l’Etat du Burkina Faso, font leur apparition. Côte à côte, ils marchaient tout en saluant des mains la foule qu’ils gratifiaient de larges sourires, lesquels témoignent leur satisfaction à la mobilisation historique de la population de Niamey et ses environs. « Si tu dis que tu es là pour le peuple, de quoi aura-tu peur ? », s’interrogeait un ancien, visiblement très content de l’image qu’il voit devant lui. « Un évènement historique ! », ne se lassait pas de crier un des spectateurs en guise de commentaire à la scène dont il est témoin et qu’il filmait avec son téléphone portable.

Visiblement non satisfait des images de deux Chefs d’Etat, marchant au milieu d’une importante foule qui s’est rassemblée tout au long de leur itinéraire, soit de l’Aéroport international Diori Hamani de Niamey au Palais de la Présidence de la République du Niger, une distance de plus de dix kilomètres, certains n’ont pas hésité à les accompagner en courant. Une tentative qu’ils n’hésitent pas à abandonner après quelques mètres avant de se fondre dans la foule. Plongée dans des commentaires, qui en disent long sur le sentiment de fierté qui l’anime d’avoir vu, vis-à-vis, deux chefs d’Etat marcher côte à côte sur une telle distance, la foule finit par se disperser, chacun prenant le soin de choisir la voie devant le ramener dans son quartier. Là également, les échanges sur l’information du jour se poursuivent où les témoins oculaires, gestes à l’appui, transmettaient la nouvelle à ceux qui n’ont pas pu faire le déplacement.

Sani Aboubacar



