A moins d’une vingtaine de jours du coup d’envoi de la 8ème Edition du Forum Galien Afrique, prévue du 28 au 31 octobre 2025 à Dakar au Sénégal, sous le thème : « Souveraineté sanitaire : Un impératif pour l’Afrique », le Réseau des Médias africains pour la promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) et la direction dudit Forum ont tenu, le 8 octobre dernier, un webinaire pour édifier les journalistes sur l’état des préparatifs de ce grand rendez-vous dédié à la santé en Afrique, les enjeux et les grands défis qui soulève la question de la souveraineté sanitaire en Afrique.
A cet important échange avec des journalistes membres du REMAPSEN (organisation comptant à son sein une quarantaine de pays à travers le continent), la présidente du Forum Galien Afrique, Pr Awa Marie Coll Seck et le co-président du jury « Prix Galien Afrique », Dr. John Nkengasong, ont largement entretenu les participants sur la portée de cet événement qui réunira 2000 participants (experts, décideurs, acteurs communautaires africains, secteur privé et les partenaires) autour de la problématique de la souveraineté sanitaire en Afrique.
A travers la tenue du Forum Galien Afrique, dira PrAwa Marie Coll Seck, « c’est un plaidoyer fort que nous faisons en faveur du financement de la santé en Afrique ». Pour nous, soutient-elle, « le financement endogène doit être un financement de souveraineté et que le financement extérieur soit un financement d’appoint, surtout que c’est à nos États, à nos gouvernements, de mettre des moyens à la disposition de la santé si nous voulons aller vers l’autonomie et la souveraineté ».
Il est à rappeler qu’en 2001 déjà, les Chefs d’État africains se sont engagés, dans la Déclaration dite d’Abuja, d’accorder « 15 % du budget national à la santé, ce qui permettra d’améliorer la couverture sanitaire de leurs populations ». Malheureusement, après une récente évaluation, « il a été constaté que seulement quatre ou cinq pays avaient presque atteint ou dépassé les 15 %. Et aujourd’hui, il n’y en a plus que deux », regrette la présidente du Forum Galien Afrique, soulignant que tous les autres pays sont dans la fourchette de 7, 6, voire 4 %, ce qui ne permet pas à nos Etats d’être souverains en matière de santé ».
Le problème de la souveraineté, dira la présidente du Forum Galien Afrique est un « vrai défi, un combat de longue haleine. Et ce n’est pas parce que l’on a échoué sur un certain point qu’on doit arrêter de poursuivre l’objectif ». Si l’on considère que la souveraineté est une priorité pour l’Afrique, explique Pr Awa Marie Coll Seck, « alors, il faut continuer à la promouvoir », ajoutant que « c’est pour cela d’ailleurs que nous avons des acteurs de différents horizons, tels que les ONG, la société civile, le secteur privé, les ministres, et les partenaires qui se réuniront pour discuter de ces questions. Et tous apporteront leur propre contribution pour que des réformes et des décisions soient prises concernant la souveraineté sanitaire ». pour ce faire, préconise-t-elle, « il faut, et c’est crucial, que l’on fasse pression pour que les décideurs prennent ces décisions ».
La présidente du Forum Galien Afrique d’interpeller aussi l’ensemble des acteurs à se ressaisir, car pour elle, « la lenteur de l’action politique dans certains pays africains, ne doit pas nous empêcher de poser les bonnes questions. Si nous ne les posons pas, elles ne seront jamais résolues. Et ce n’est pas parce que le chemin est difficile ou semé d’embûches que nous devons abandonner. Nousdevons plutôt continuer à nous battre pour asseoir ces changements nécessaires ».
A noter que pour cette 8ème Edition du Forum Galien Afrique, plusieurs innovations sont apportées à cet important événement. Au rang de ces dernières, Pr Awa Marie Coll Seck a évoqué la place centrale réservée aux jeunes étudiants sortis de l’Académie créée par le Forum Galien Afrique. Ces étudiants sont bien équipés et outillés pour être des acteurs du changement.
A cela s’ajoute le dîner des doyens, pour que les universités mettent dans leurs programmes d’enseignements des sujets encore plus prioritaires pour l’Afrique. Outre ce dîner, un autre est également prévu avec les ministres pour discuter des innovations en matière de vaccination. Une exposition est également prévue pour honorer les femmes qui ont contribué le plus au Forum Gallien. « C’est une manière pour nous de les remercier et de mettre en lumière leur travail, combien important pour l’amélioration de l’environnement sanitaire en Afrique ».
La présidente du Forum Galien Afrique d’ajouter qu’il y aura à cette 8ème Edition, « une déclaration dite de Dakar avec des recommandations adressées aux gouvernants, aux communautés de gouvernance, aux chercheurs, et à bien d’autres ».
- « Prix Galien Afrique »
La 8ème Edition du Forum Galien Afrique consacrera cette année le 5ème Prix Galien Afrique qui célèbre et récompense les initiatives africaines les plus innovantes en matière de santé et de recherche. « Ce Prix distingue aussi les produits, les services ou les technologies récemment introduits sur le marché africain », a expliqué le co-président du Jury, Dr John Nkengasong.

Le Prix Galien Afrique, dira le co-président du Jury, est un « Prixouvert à tous et reçoit au fil du temps des candidatures accompagnées de documents justificatifs ». À ce premier niveau, explique-t-il, « le secrétariat passe en revue les candidatures en utilisant une grille très spécifique pour classer les prix par catégorie, afin de soumettre une liste restreinte. Cette liste est ensuite examinée par un jury. Le jury délibère en utilisant des critères très précis pour évaluer les différentes candidatures qui sont arrivées à ce stade final. Ensuite, les dossiers sont évalués par plus de 10 experts africains, venant de disciplines diverses. Chaque dossier est noté et classé en fonction de ce classement. Il est également important de noter qu’en fonction de la qualité et de la valeur du prix, certaines années, il arrive qu’aucun prix ne soit attribué si les candidatures ne remplissent pas les critères requis. Cela permet de maintenir la haute qualité du prix et d’inciter à un travail de qualité ».
D’autres catégories de prix sont attribuées à de jeunes innovateurs. Ces innovateurs, dira le Pr Awa Marie Coll Seck, « sont primés et reçoivent des bourses qui les aident à passer à l’échelle ou à mieux développer leurs brevets. Nous les mettons également en contact avec des investisseurs pour qu’ils obtiennent des financements et ils bénéficient aussi d’un suivi régulier, car nous savons qu’ils ont besoin de ce soutien », a-t-elle indiqué.
Sahirou Youssouf