Le président du Parti nigérien pour l’autogestion (PNA-Al-Umma), Sanoussi Tambari Jackou, est décédé le lundi 18 juillet 2022 à l’Hôpital général de référence de Niamey des suites d’une maladie. Né en 1940 à Kornaka dans la région de Maradi, Sanoussi Tambari Jackou s’est fait connaître du public Nigérien à travers ses prises de position lors de la Conférence nationale souveraine de 1991.
Membre fondateur de la Convention démocratique et sociale (CDS-Rahama) dont il fut le vice-président au titre de la région de Maradi, il a été plusieurs fois député. Il a par la suite quitté le CDS-Rahama qui a porté Mahamane Ousmane à la présidence de la République du Niger de 1993 à 1996 où il a été renversé par Ibrahim Baré Maïnassara.
A la tête du PNA-Al-Umma, un parti politique qu’il a créé après sa rupture de banc avec le parti CDS-Rahama, il fut nommé ministre de l’Enseignement supérieur et de la Coopération sous le régime Baré.
A l’arrivée du président Issoufou Mahamadou au pouvoir en 2011, Sanoussi Tambari Jackou fut nommé conseiller à la Présidence de la République, poste qu’il a occupé jusqu’à son décès. Outre sa riche carrière politique, marquée par plusieurs arrestations et emprisonnements (du temps des régimes d’exception de Seini Kountché en passant par celui d’Ali Saibou ; puis dans les années 2000), Sanoussi Tambari Jackou est fondateur des journaux La Roue de l’Histoire, L’Arbre à Palabre et Le Sens de l’Histoire.
Ecrivain, il fut aussi enseignant à l’Université de Niamey. STJ comme l’appellent affectueusement certains de ses compatriotes, est connu aussi pour son savoir religieux, notamment l’islam.
Va en paix grand baobab ! Ta mort traduit bien ces propos de Cheik Anta Diop : « En Afrique, un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ».
Sani Aboubacar
