Le projet stabilisation dans la région du bassin du lac Tchad a commencé ses activités à Diffa en janvier 2020. Il a pour objectifs de promouvoir la stabilité régionale en renforçant la sécurité communautaire, la gouvernance locale et la consolidation de la paix, la réconciliation et la prévention de l’extrémisme violent, de contribuer au retour des populations dans leurs contrées abandonnées pour cause d’insécurité et d’accompagner leur résilience, entre autres. Le même type de projet a récemment été lancé dans la zone du Liptako Gourma.
Lors de son 3ème comité de pilotage, le projet stabilisation dans la région du bassin du lac Tchad a présenté des résultats probants à la grande satisfaction des bailleurs de fonds et autres partenaires du projet. « Mais cela n’est que l’arbre qui cache la forêt », apprend-on des sources proches du projet.
En effet, pour de nombreux travailleurs nigériens engagés dans la mise en œuvre de ce projet, les résultats présentés lors du 3ème comité de pilotage étaient loin de refléter la réalité sur le terrain au regard de certaines pratiques peu recommandables, tant dans la gestion du projet que celle des ressources humaines, en ce qui concerne notamment les employés nigériens dont le contrat de travail de plusieurs d’entre eux n’ont pas été renouvelés en 2021, pour dit-on « insuffisance de moyens financiers ».
Outre le cas d’un volontaire national dont le contrat n’a pas été renouvelé en 2020, plusieurs autres cas de non renouvellement des contrats ont été enregistrés l’année suivante.
Parmi ces cas, celui de quatre fonctionnaires nigériens qui avaient leurs contrats en bonne et due forme mais que la chargée du projet, une ancienne ministre au Tchad, qui aurait été recrutée initialement comme consultante pour la traduction des textes du projet, et qui s’est vue propulsée à un niveau plus important de responsabilité, n’a pas daigné reconduire leurs contrats pour, dit-elle, « des raisons financières ».
Au même moment, rapportent les agents locaux du projet, un volontaire international qui serait un proche de la chargée du projet avait été recruté pour un poste « taillé sur mesure ».
Parallèlement aussi, dénonce le staff nigérien, « le projet injectait plusieurs centaines de millions de Fcfa dans l’organisation d’un forum à Niamey, le financement d’une formation à l’étranger de 7 staffs du PNUD sur le protocole et le recrutement d’un consultant international en suivi évaluation ».
Pourtant, c’est l’insuffisance des ressources par le projet qui avait été mise en avant pour ne pas reconduire certains contrats, principalement ceux des employés nigériens.
A en croire toujours nos sources, les responsables en charge de la gestion des ressources humaines du projet « ignoraient de tout cela, car les décisions sont prises directement par la chargée du projet », indique-t-on.
En plus des difficultés dans la gestion des ressources humaines, des couacs existeraient également dans la coordination des activités du projet, notamment dans le choix des bénéficiaires. A titre illustratif, apprend-on, lors d’une récente mission en appui à un partenaire dans la région de Diffa pour l’identification des points d’eaux en vue de trouver des solutions en faveur d’une bonne cohésion entre deux communautés, « la chargée du projet s’est illustrée en se détachant de la mission principale pour recenser des noms de villages non reconnus officiellement par l’Etat du Niger et sans aucune autorisation préalable du Gouverneur de la région ».
Au niveau de la représentation du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Niamey, qui est la tutelle du projet, nos sollicitations aux fins d’obtenir une réaction face à toutes ces accusations n’ont pas prospérées. « Nous avons un droit de réserve face à ces genres de questions. Nous ne pouvons pas infirmer ni confirmer », nous a-t-on répondu au téléphone.
Au vu de tout ce qui précède, il est impératif que des rectificatifs nécessaires soient apportés dans la gestion et la mise en œuvre de ce projet, dans le management du personnel qui doit se faire dans le respect des droits humains pour permettre l’atteinte des objectifs fixés par le projet.
Sahirou Youssoufou
