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Lutte contre les VBG au Niger : Combattre les entraves socioculturelles pour un meilleur accès des victimes à la justice

Signataire de la « Déclaration universelle des droits de l’homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté le 16 décembre 1966 », le Niger se compte parmi les Etats du monde, résolument engagés dans la lutte contre les discriminations, notamment celles liées au genre, à la race, à l’ethnie, entre autres.

De ce fait, il a souscrit, à l’instar de nombreux pays, à d’importants instruments juridiques régionaux et internationaux en faveur des droits humains, notamment les droits des femmes. Pour ce faire, un cadre légal est mis en place, comportant des lois nationales qui favorisent la protection de la personne humaine, la préservation de sa dignité et la répression de toute forme de violence, notamment à l’égard des femmes.   

S’agissant spécifiquement de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) qui intègrent les pires formes de violations des droits humains, le Niger, afin de mener à bien ce combat, a adopté une approche multisectorielle, incluant la société civile et les partenaires internationaux qui, dans cette lutte, agissent conformément aux lois et règlements de la République.

En effet, c’est tout un arsenal juridique, composé d’instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux, que le Niger s’est doté pour lutter efficacement contre toute forme de violence à l’égard des femmes et des filles, notamment les VBG (actes hostiles répétés, perpétrés contre une personne en fonction de son sexe, de son âge, de sa situation de handicap, de sa race ou de son ethnie) qui, de nos jours, constituent une préoccupation de premier ordre pour l’Etat, ses partenaires internationaux, notamment ceux du Système des Nations Unies, tels que ONU-Femmes. Les Organisations de la société civile, principalement celles qui œuvrent dans ce domaine, ne sont pas en marge dans ce combat. Elles sont actives et œuvrent inlassablement dans le combat contre ce fléau.

A l’appui des instruments juridiques favorables à la lutte contre les VBG adoptés par le Niger ainsi que les mécanismes nationaux mis en place pour promouvoir les droits humains des femmes, le Niger s’est doté aussi de la Politique Nationale de Genre (PNG) adoptée, le 31 juillet 2008. Cette dernière vise à opérationnaliser les principes constitutionnels d’égalité et de respect des droits humains, mais aussi à traduire dans les faits, les engagements nationaux et internationaux de l’Etat en faveur de la promotion de l’équité et l’égalité de genre au Niger.

Cependant, force est de reconnaitre qu’en dépit de l’existence d’un cadre légal et diverses voies de recours en cas de violence basée sur le genre, elles sont peu nombreuses, les victimes des VBG qui acceptent de dénoncer la violence subie. « Quand tu es violentée ou abusée, c’est ton propre entourage qui te dit de te taire pour préserver ton honneur, celui de la famille et pour ne pas être rejetée ou devenir la risée de ta propre communauté », témoigne dame Roukaya H, une victime de violence conjugale à Niamey.

Les exemples en termes d’entraves (barrières socioculturelles) pour les survivantes des VBG à dénoncer une violence ou à s’engager dans une procédure judiciaire et y demeurer jusqu’à son aboutissement, sont légion, malgré tout le dispositif juridique existant pour réprimer les VBG au Niger. « Certaines survivantes, notamment des victimes de viol, après qu’elles ont été reçues par nos structures et orientées vers les unités d’enquêtes pour avoir la réquisition, abandonnent carrément le processus et disparaissent dans la nature », souligne M. Alzouma Touré Ibrahim, Chargé de Programme à SOS FEVVF.

Outre les pesanteurs socioculturelles, explique-t-il, « il n’y a une méconnaissance par les victimes, des textes juridiques qui les protègent en cas de violences basées sur le genre », auxquels vient s’ajouter le manque des « moyens pour payer les frais d’expertise médicale qui est un élément important permettant de tracer de manière claire, la situation de la victime après qu’elle ait subi une violence ». Il souligne surtout que « l’expertise médicale fait partie des éléments qui orientent le juge dans sa prise de décision en fonction du degré de la violence occasionnée sur la survivante ».

Un autre fardeau, et pas de moindres, qui pèse sur les survivantes des violences basées sur le genre, dira le Chargé de Programme de SOS FEVVF, « reste le défi d’accès à la justice ». En effet, malgré l’existence des lois protégeant les femmes et les filles, « l’accès à la justice pour ces dernières en cas de VBG reste encore problématique du fait que l’assistance juridique gratuite pour les victimes démunies est quasi inexistante ou inefficace en raison de ressources financières et humaines très limitées de l’Agence nationale d’assistance juridique et judiciaire », souligne-t-il.

Face à tous à tous ces obstacles qui freinent les survivantes des VBG à accéder à la justice, une synergie d’actions s’impose entre l’Etat, les Organisations de la société civile actives dans la lutte contre les violences basées sur le genre et les partenaires internationaux pour mieux assister les victimes dans leurs procédures judiciaires. La mise en place d’un cadre multidisciplinaire regroupant l’Etat, les partenaires et les OSC actives dans ce domaine pour accompagner les survivantes, allant de la prise en charge sanitaire, à l’accompagnement juridique et juridictionnel, jusqu’à la réinsertion sociale et économique aidera à n’en point douter, toutes ces victimes silencieuses des traumatismes physiques et psychologiques à retrouver le sourire et la dignité.

Sahirou Youssoufou

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