Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé de l’environnement (REMAPSEN) n’est pas resté en marge de la célébration, le 5 mai dernier, de la Journée internationale des sages-femmes, placée cette année sous le thème : « Les sages-femmes : indispensables en toutes circonstances ».
A cette occasion, et dans la droite ligne de son engagement en faveur de la santé universelle, notamment la santé de la reproduction et le bien-être familial, le REMAPSEN, en collaboration avec le Fond des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a organisé le 6 mai 2025, un webinaire auquel a participé une cinquantaine de journalistes.
Cette rencontre virtuelle a été animée pour l’essentiel par Dr Sennen Hounton, Directeur Régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre ; Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, Ministre de la Santé du Burkina Faso et Dr khadjidja Ahmat Abgrene, Directrice de la santé de la reproduction au ministère de la santé publique et de la prévention de la république du Tchad.

Dans leurs interventions, chacun des panélistes a souligné le rôle éminemment important que jouent les sages-femmes en matière de santé de la reproduction, particulièrement dans le combat contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile. « Elles sont toujours présentes aux côtés des femmes, durant tout le processus de la grossesse, lors de l’accouchement et pendant la période postnatale », ont-ils souligné.
Mieux, a jouté le Directeur Régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Sennen Hounton, « les sages-femmes ne se contentent pas seulement de mettre des enfants au monde ; elles sauvent des vies, dans des conditions souvent extrêmement difficiles », avant de souligner le déficit criard de ce personnel de santé dont souffre la région Afrique de l’Ouest et du Centre.
Un déficit qui n’est pas sans conséquences au regard du taux élevé de la mortalité maternelle, néonatale et infantile qu’enregistre la région. Sur ce point, les statistiques inquiètent. Selon Dr Sennen Hounton, « dans notre région, plus de 500 femmes meurent chaque jour dans des contextes fragiles à cause de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Une femme meurt toutes les quatre minutes. Un nouveau-né décède toutes les 17 secondes et une fille sur trois devient mère alors qu’elle est encore une enfant ».
Au regard de ces données qui inquiètent à plus d’un titre, la nécessité s’impose, selon le Directeur Régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qu’un « investissement accru dans les sages-femmes soit fait », ce qui permettrait d’éviter « près des deux tiers de ces décès », a-t-il indiqué.
D’ailleurs, le dernier rapport sur « l’état de la pratique de sage-femme » n’a-t-il pas « estimé à 100 000, le nombre de sages-femmes supplémentaires nécessaires d’ici fin 2025 pour répondre, ne serait-ce qu’à 90 % des besoins de santé essentiels » ?
En la matière, le Burkina Faso, avec l’appui de ses partenaires, fournit des gros efforts, dira le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, invité de l’UNFPA à ce webinaire. A titre illustratif, a-t-il indiqué, « outre l’allocation d’environ 12% du budget de l’Etat au Ministère de la Santé, l’Etat burkinabé est résolu à l’augmentation significative du recrutement de sages-femmes pour leur déploiement à travers tout le pays, puis le renforcement des capacités des écoles de formation, entre autres ».
Des efforts notables reconnus et salués par le Bureau Régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ainsi, selon Dr Sennen Hounton, malgré une insécurité et une crise humanitaire persistante, « le Burkina Faso a réduit sa mortalité maternelle de 787 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 242 en 2023 ». Quant à l’assistance à l’accouchement par un personnel qualifié, souligne-t-il, « elle est montée à 87%, et la fécondité totale a chuté de 6 à 4,9 enfants par femme ».
Sahirou Youssoufou



