Mis en œuvre depuis 13 ans dans six pays africains (Burkina Faso, Bénin, Côte d’Ivoire, Mali, Niger et Sénégal) à travers plusieurs organisations de la société civile, actives dans la promotion des droits à la santé, la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et l’autonomisation des femmes et des filles, le Projet Alliance Transformation se referme sur une bonne note de satisfaction. Des « résultats probants, conformément aux objectifs poursuivis par le Projet ont été atteints », s’est réjouie la Présidente du Réseau Alliance Droits et Santé, Mme Caroline Tapsoba, à l’occasion du webinaire organisé le 10 décembre dernier par le Remapsen, dédié exclusivement à la mise en œuvre dudit Projet dans les 6 pays, cités plus haut.
Au Niger, les activités du Projet « Alliance transformative », initié par le Réseau Alliance/Droits et Santé, ont été mises en œuvre dans les régions de Dosso, Maradi et Tillabéry, par les membres de Alliance Niger, à savoir : Lafia Matassa, l’Association des Scouts du Niger et la CONGAFEN ».
« Notre stratégie de plaidoyer mise en œuvre dans le cadre de ce Projet s’est reposée sur deux axes majeurs que sont : les violences basées sur le genre (VBG) avec un accent particulier mis sur le mariage d’enfant et mariage forcé ; puis sur les Droits de santé sexuelle et reproductive (DSSR) des femmes et des filles handicapées », a laissé entendre, M. Lawali Amadou, Point Focal du Projet Alliance Transformative au Niger.
Les activités de ce Projet, devait-il souligner, ont véritablement « démarré dans un contexte où les VBG sont très fréquentes au Niger, tant en milieu qu’urbain, et où les femmes et les filles sont les plus vulnérables ». A titre illustratif, a-t-il précisé, « la prévalence nationale des VBG était de 29,0% en 2011 » ; « les taux de prévalence au sein de la catégorie féminine et masculine étaient respectivement de 38,2% et 16,3% » et près de « deux femmes sur trois (63,6%) étaient déjà en union à 18 ans ».
Face à cette situation, a expliqué M. Lawali Amadou, le gouvernement nigérien s’est engagé à « lutter efficacement contre les VBG, y compris le mariage d’enfants » à travers deux stratégies que sont : « la Stratégie nationale de prévention et de réponses aux violence basées sur le genre et aux abus et exploitation sexuelles (VBG /PSEA) et la Stratégie nationale pour mettre fin au mariage d’enfants au Niger (2024 – 2028) ».
Ainsi, toutes les activités déroulées dans le cadre de ce Projet, dira M. Lawali Amadou, ont convergé vers « la réalisation des grandes orientations définies par les deux stratégies ». De ce fait, a-t-il expliqué, « le Projet a pu sensibiliser les communautés aux enjeux liés aux VBG, au mariage d’enfant, et à prendre des mesures de prévenir et de lutter efficacement contre les VBG et le mariage d’enfant ».
Il a contribuer aussi de « renforcer les capacités des acteurs locaux, notamment les associations de jeunes et des femmes, les religieux, les coutumiers, les autorités locales pour lutter contre les VBG et le mariage d’enfant » ; « mobiliser les communes pour un financement domestique sur ces thématiques » ; « améliorer l’accès des femmes handicapées aux services de SR à travers un plaidoyer qui a permis la construction des rampes d’accès au niveau des centres de santé » et « promouvoir le droit à l’éducation des filles ». Autant d’actions qui montrent que « le Projet Alliance Transformative soutient le gouvernement du Niger dans ses efforts à promouvoir les Droits de la santé ».
Les activités menées dans le cadre de l’Alliance Transformative ont permis d’obtenir des résultats probants, observables à trois niveaux « institutionnel ; communautaire et individuel ».
Au niveau institutionnel, il s’agit, selon M. Lawali Amadou, de la « mobilisation et l’engagement au niveau des mairies qui se sont engagés à faire des inscriptions budgétaires pour lutter contre les VBG et les ME spécifiquement », soulignant que « l’Alliance Niger a obtenu aussi l’insertion de lignes budgétaires dans les Plans d’Investissements Annuels pour pérenniser les activités de sensibilisation ». S’ajoutent aussi « l’engagement pris par les conseillers communaux de porter partout les messages du projet » ; « la prise en compte des besoins spécifiques en SR des femmes handicapées dans trois communes » a indiqué le Point Focal de l’Alliance Transformative.
Au niveau communautaire, a-t-il poursuivi, « 17 villages sont devenus modèles dans la lutte contre les VBG et le mariage d’enfants ; la prise de conscience collective qui a permis, entre 2023 à 2025 de retarder ou annuler 140 cas de mariage d’enfants par les chefs religieux ; les leaders coutumiers et ou les membres des comités locaux de protection des enfants » ; « la sensibilisation de 8 175 jeunes (filles et garçons) sur les questions de VBG, l’adhésion d’une centaine de jeunes au sein des comités locaux de protection des enfants », etc.
Au niveau individuel, le Projet a contribué à instaurer un changement de discours auprès des chefs coutumier et les parents ; la prise deconscience des filles qui acceptent dorénavant de dénoncer des cas de projet de mariage d’enfants (plus de 20 cas de mariage annulés suite aux alertes données par les filles victimes) ; la prise de conscience des leaders religieux et coutumiers qui s’engagent à interdiredes cas de mariage d’enfant dans leurs villages, etc. ». Nombreux, sont aussi les marabouts conscientisés sur les dangers du mariage d’enfants qui organisent depuis lors, des « séances de prêche pour expliquer la notion de consentement en s’appuyant sur des hadiths et des versets du Saint-Coran ».
Dans la conduite de nos différentes activités, a souligné M. Lawali Amadou, Point Focal Niger de l’Alliance Transformative, « nous avons travaillé avec beaucoup d’acteurs sur le terrain, notamment lesdécideurs, médias, artistes, services techniques, femmes et jeunes, leaders religieux et coutumiers, les OSC de défense de droits de l’homme, etc. »
Sahirou Youssoufou



