mercredi, février 4, 2026
Google search engine
AccueilMobile PhonesNiger/Télécommunications : vers une régulation moderne, fondée sur des données fiables

Niger/Télécommunications : vers une régulation moderne, fondée sur des données fiables

L’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP), a officiellement inauguré et mis en service, le 28 janvier 2026 à Niamey, la Plateforme Nationale de Contrôle des Réseaux Mobiles.La cérémonie a été présidée par la ministre de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi, Mme Aïssatou Abdoulaye Tondi, représentant le Premier ministreAli Mahamane Lamine Zeine, en présence du Gouverneur de la région de Niamey, du Directeur Général de l’ARCEP, le Colonel Major Idrissa Chaibou, du Président de l’ONC, du Président de la Haute Autorité à la Protection des Données à Caractère Personnel (HAPDP), des Directeurs généraux des opérateurs de télécommunications et plusieurs autres invités.

Cette Plateforme de « portée symbolique et stratégique », dira la représentante du Premier ministre dans son discours d’inauguration, « s’inscrit pleinement dans la dynamique de refondation de l’État, axée sur la bonne gouvernance, la transparence, la performance de l’action publique et la souveraineté, y compris numérique ».

La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi de rappeler aussi l’importance du secteur des télécommunications en tant que « pilier du développement économique, de l’inclusion sociale et de transformation numérique » dont la régulation ne saurait se faire à partir des mécanismes déclaratifs ou des outils partiels, mais plutôt des « instruments modernes, objectifs et fondés sur des données fiables, exhaustives et vérifiables ».

Elle a en outre souligné que la Plateforme Nationale de Contrôle des Réseaux Mobiles permettra à l’ARCEP « d’accéder directement et en temps réel, à des données techniques, économiques et de trafic fiables et traçables », tout en renforçant la transparence et l’amélioration de la qualité de la prise de décision réglementaire. Mieux, a-t-elle indiqué, cette Plateforme aura le mérite de « mettre fin à l’asymétrie d’informations entre l’Autorité de régulateur et les opérateurs, renforçant, mettant fin à l’asymétrie d’information entre le régulateur et les opérateurs de télécommunications » et se constituer en « un véritable levier de souveraineté numérique et un instrument stratégique de pilotage de l’économie numérique nationale ».

C’est dire qu’à travers cette innovation majeure rendue possible grâce à l’ARCEP, « le Niger affirme clairement sa détermination à reprendre pleinement la maîtrise de son destin numérique, à renforcer l’autorité de l’État dans la régulation des secteurs stratégiques et à faire de la technologie un levier de souveraineté, de justice et de développement », a martelé la ministre Aïssatou Abdoulaye Tondi.

Intervenant à son tour, le Directeur Général de l’ARCEP, le Colonel Major Idrissa Chaibou, a expliqué que cette Plateforme est la résultante d’une approche rigoureuse qui, elle-même, s’est reposée sur une planification maîtrisée, un strict respect des procédures administratives et réglementaires ainsi qu’une gestion efficiente des ressources publiques ».

Le coût de réalisation et de déploiement de cette Plateforme, a-t-il souligné, a été significativement inférieur aux pertes financières cumulées des projets antérieurs, indiquant que cette dernière constitue « une avancée notable sur les plans technique, institutionnel et financier, traduisant une nouvelle manière de conduire les projets structurants de l’État ».

  • Une plateforme répondant aux standards internationaux et conforme aux réalités nationales

Expliquant les fonctionnalités techniques de la Plateforme Nationale de Contrôle des Réseaux Mobiles, dont l’objectif était de« concevoir un dispositif capable d’assurer une supervision permanente, exhaustive et objective des réseaux mobiles, tant sur le plan technique, économique que réglementaire, tout en protégeant les intérêts de l’État, des opérateurs et des consommateurs », le Directeur des Réseaux et Services de Communications Électroniques de l’ARCEP, M. Massaoudou Tahirou a laissé entendre que cette dernière repose sur trois outils techniques intégrés et complémentaires.

D’abord, le TRAFSCAN qui est un outil spécifiquement dédié à l’analyse fine des trafics, des revenus et des transactions numériques. Il assure, selon lui, « la collecte continue et automatisée des données relatives aux communications voix, SMS et données, ainsi qu’aux revenus correspondants », ce qui permet au régulateur d’avoir « une vision exhaustive du fonctionnement économique du marché ».

Le TRAFSCAN permet aussi une exploitation des données à différentes échelles géographiques (locale, régionale ou nationale) et intègre un module de suivi des offres commerciales, donnant ainsi la possibilité au régulateur de confronter les engagements contractuels des opérateurs aux usages réels des abonnés, tout en renforçant la capacité de l’ARCEP à instruire les litiges liés à la tarification et à la transparence des offres.

L’outil permet également la vérification et le suivi des taxes et redevances dues à l’État et intègre des algorithmes avancés de détection des fraudes faites par contournement de trafic.

Quant au second outil, dénommé QUALCOP, il concerne le suivi permanent de la qualité de service ainsi que l’évaluation en continu de la disponibilité des sites radio, la couverture géographique et les indicateurs clés de performance des réseaux. C’est aussi un outil qui intègre un mécanisme de crowdsourcing, permettant aux usagers de mesurer par eux-mêmes, leur qualité d’expérience et de partager des données avec l’ARCEP, ce qui permettra d’enrichir l’analyse réglementaire par la réalité du terrain.

Le troisième et dernier outil, appelé NETFIX se veut une plateforme centralisée de gestion et de planification des infrastructures critiques de communications électroniques, notamment les réseaux de fibre optique. C’est un outil qui facilite le recensement des infrastructures existantes et qui offre aux opérateurs un canal sécurisé pour la soumission et l’instruction des demandes de nouvelles constructions, entre autres.

La Plateforme Nationale de Contrôle des Réseaux Mobilesse veut donc « un instrument stratégique de haute technologie, au service de la transparence, de la qualité des services et de la protection des citoyens, permettant non seulement le suivi en temps réel de la qualité de service, de contrôle des flux, d’intervention rapide en cas de défaillance et de surveillance au respect des obligations légales des opérateurs ».

Sahirou Youssoufou   

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -
Google search engine

Most Popular

Recent Comments