Par arrêté en date du 1er juillet 2026,l’Administrateur délégué de la Ville de Niamey, le Colonel Boubacar Soumana Garanké, a interdit dans tous les supermarchés de la capitale, la production, l’importation, la commercialisation, l’utilisation et le stockage des sachets en plastique souple à basse densité (PEBD) d’une épaisseur inférieure à 15 microns lorsqu’ils ne sont ni biodégradables ni oxo-dégradables.
Cette décision, saluée à sa juste valeur par les environnementalistes et acteurs de la société civile actifs dans la défense de l’environnement, tire son fondement de la loi n°2014-63 du 5 novembre 2014, interdisant sur l’ensemble du pays, l’usage des sachets plastiques légers dans le commerce. Malheureusement, elle était restée lettre morte plus d’une décennie après son adoption, car aucune autorité ne s’est engagée à faire appliquer cette loi dans sa plénitude. En son temps, l’on parlait d’un lobby très fort, dans le milieu des importateurs des sachets plastiques sui s’était farouchement opposé à son application.
Aujourd’hui, les choses semblent bouger du côté des autorités de la ville de Niamey qui s’engagent à faire appliquer cette loi à travers un arrêté de l’Administrateur délégué de la Ville de Niamey. Mais pour l’entrée en vigueur effective de cet arrêté, un délai transitoire de 6 mois est accordé aux supermarchés pour se conformer à la décision prise.
Ainsi, les responsables des supermarchés ont jusqu’au 31 décembre 2026, pour définitivement tourner dos aux sachets plastiques incriminés par l’arrêté précité et s’orienter vers les sachets biodégradables et autres emballages en papier ou paniers réutilisables. Sont également tolérés dans les conditions prévues par la règlementation en vigueur, les emballages en plastiques certifiés de densité moyenne ou élevée et ceux destinés aux usages industriels, agricoles ou sanitaires.
A l’expiration du délai transitoire de 6 mois, accordé aux opérateurs économiques pour se conformer à l’arrêté de l’Administrateur délégué de la ville de Niamey, tout contrevenant sera exposé aux sanctions prévues qui vont des amendes allant de 5 millions de FCFA selon la nature de l’infraction, à la confiscation des produits concernés ainsi que des moyens ayant servi à leur transport jusqu’à l’emprisonnement de 6 mois à 1 an. L’usage domestique des sachets concernés sera également sanctionné par une amende de 100 francs CFA par sachet.
L’arrêté a prévu également un contrôle qui sera effectué par les services municipaux pour s’assurer de l’application stricte de cette mesure. Font partie également de la chaine de contrôle, les services de douanes, de commerce, de l’environnement, de la Direction générale des impôts et les forces de défense et de sécurité (FDS).
Pour l’application de cette décision et son plein respect par tous les acteurs concernés, des campagnes de sensibilisation seront menées dans le but d’accompagner les commerçants et les consommateurs à changer d’habitude dans l’utilisation des sachets plastiques pour aller vers les emballages recommandés par l’arrêté de l’Administrateur de la ville de Niamey.
Cette décision, au vu de son importance dans la protection de l’environnement, mérite l’adhésion de la population de Niamey et de tous les acteurs et défenseurs de l’écosystème, surtout quand on sait que les sachets plastiques sont les véritables pollueurs de l’environnement et principales sources de dégradation des sols et des eaux, menaçant la vie des hommes, du cheptel nigérien ainsi que les ressources fauniques.
Sahirou Youssouf
