Accueil Média Médias : « Journaliste indépendant ; Une incongruité en Afrique »

Médias : « Journaliste indépendant ; Une incongruité en Afrique »

0

C’est le titre de l’ouvrage édité en 2018 aux Editions « Vérone » en France par le Journaliste/Ecrivain nigérien, Issoufou DIAWARA, également auteur du « Pouvoir et Sécurité » qui se veut un réquisitoire contre les abus des dirigeants politiques nigériens.

Dans « Journaliste indépendant », un ouvrage à lire absolument, l’auteur raconte d’abord les premières années du journalisme au Niger qui a débuté avec la radiodiffusion, « Radio-Niger », ayant lancé ses premières émissions en 1958 avec comme premiers animateurs, des cadres d’origine étrangère, notamment des français, des africains francophones et quelques nigériens.

Le souci de « nigérianiser » les médias qui guidait le pouvoir en place l’a conduit à faire appel à des cadres nigériens qui ont des aptitudes en journalisme comme ce fut le cas pour l’auteur du « Journaliste indépendant,Une incongruité en Afrique ». Engagé par l’Etat pour servir dans l’enseignement, alors qu’il n’avait aucune vocation pour enseigner, Issoufou Diawara qui incarne le personnage de « Naba » dans cet ouvrage aura tout de même passé deux années de pérégrinations dans sept écoles avant d’atterrir à l’inspection primaire du Niger-ouest à Niamey, en qualité de secrétaire de l’inspecteur, Samuel Winston. Une fonction qui lui lassait assez de temps pour rédiger des articles de presse qu’il adressait au « temps du Niger », le quotidien gouvernemental, aujourd’hui, « Le Sahel ».

Issoufou Diawara qui aimait tant le journalisme, le devient par la force des choses et grâce aux articles qu’il publiait dans le « temps du Niger ». Il fut donc détaché de son ministère d’origine pour rejoindre la rédaction du quotidien gouvernemental au mois d’avril 1962. Bénéficiant d’une bourse de formation en journalisme.Issoufou Diawara se rendra en France pour se professionnaliser. Du retour au pays, l’auteur du « Journaliste indépendant,Une incongruité en Afrique » exerça sa profession de journaliste pendant un certain temps avant de se voir confier, à la télévision d’Etat, la gestion du personnel. Cette fonction, il l’a quitta plus tard.

Relatant l’exercice de la profession dans cet ouvrage, l’auteur met en relief « les rapports, souvent tendus, entre la presse et le pouvoir politique à travers les pérégrinations d’un journaliste ». L’indépendance que Naba (Ndlr : Issoufou DIAWARA) s’obstine à observer vis- à-vis de l’appareil politique lui vaut, en son temps, toutes sortes de tracasseries administratives, d’autant plus qu’il traîne, selon lui, « la tare » d’avoir un nom de famille, ce qui est mal vu dans un pays où les patronymes n’existent pas.

Dans sa conclusion, l’auteur évoque d’abord « la délicatesse » de la pratique des professions libérales, comme le journalisme. Pour lui, ce métier appartient au groupe des « formateurs de conscience » des citoyens avant de mettre en exergue le fait que « le pouvoir cherche à contrôler les médias », par tous les moyens. Même les pouvoirs les plus corrompus et les plus détestables, dira-t-il, « tentent de présenter au peuple, un visage avenant, par le biais de la presse ». Après tout, l’auteur estime qu’une « presse libre est le garant d’une société libre ». Malgré tout le reproche qu’on pourrait lui faire, souligne(t-il, « elle est indispensable aux citoyens qui attendent qu’elle soit un rempart contre les abus du pouvoir ». Plus la presse sera indépendante, renchérit-il, « plus la démocratie s’en trouvera renforcée ». Donc, selon l’auteur, « un pouvoir a intérêt à encourager l’épanouissement d’une presse qui puisse faire son travail sans entrave ».

Sahirou Youssoufou

Quitter la version mobile