Les familles des victimes ainsi que les blessés des évènements tragiques survenus le 27 novembre 2021, lors du passage d’un convoi militaire français seront dédommagés. Telle est la substance d’un communiqué de presse, publié le 18 mai dernier, par le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation.
Le Niger et la France décident en effet d’assurer, ensemble, le dédommagement des familles des victimes ainsi que les blessés des évènements tragiques survenus à Téra. « Les deux parties sont convenu d’un dédommagement à parts égales pour chacune des victimes », explique ledit communiqué.
Il ressort ainsi de ce communique que « l’exploitation des résultats de l’enquête de la Gendarmerie du Niger et de l’Armée française n’a pas permis de cerner le déroulement exact des événements qui ont provoqué la mort et les blessures des manifestants », d’où l’option prise de dédommager les familles des victimes ainsi que les blessés.
A la suite donc des contacts pris avec les autorités traditionnelles religieuses de Téra et les représentants des victimes, des montants des dédommagements ont été convenus pour chacune des victimes. « Les montants dus aux bénéficiaires ont été virés dans des comptes bancaires communiqués par les représentants des familles concernées », souligne le communiqué du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation.
Le Niger et la France se félicitant ainsi « de leur collaboration dans ce dossier particulièrement sensible » et « se réjouissent de la solution obtenue », tout en saluant la mémoire des personnes décidées. Aux familles des victimes, les deux parties ont tenu à exprimer leur remerciement « pour la dignité dont elles ont fait preuve en l’occurrence ».
Pour rappel, le samedi 27 novembre 2021, un convoi militaire français en provenance de la Côte d’Ivoire à destination de Gao au Mali a été perturbé dans sa progression dans la ville de Téra au Niger.
Lors de ces manifestations qui avaient impliqué plusieurs personnes, dont la plupart étaient des jeunes élèves, « 3 personnes sont décédées, 17 civils, 7 gendarmes nigériens et 7 militaires français ont été blessés et pris en charge dans des centres de soins ».
L’enquête conduite par la Gendarmerie nationale du Niger a mis en évidence de graves défaillances du dispositif de maintien de l’ordre prévu pour gérer cette situation. « Ces défaillances ont amené l’Armée française à recourir à la force pour s’extraire de la pression des manifestants », ajoute le même communiqué.
L’enquête menée par l’Armée française reconnait « le recours par le convoi à la force pour s’extirper de la foule qui le menaçait » et conclut que « les faits se sont déroulés dans des conditions réglementaires, aux moyens de tirs de sommation ».
Sani Aboubacar



