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Ensablement et pollution : Péril sur le fleuve Niger !

« Tout finit dans le fleuve (….), les gens en profitent pour déverser directement leurs ordures ménagères, faisant de ce cours d’eau, un déversoir des déchets », dénonce Sani Ayouba, Directeur Exécutif de l’ONG nigérienne Jeunes Volontaires pour l’Environnement pour qui, « l’état de dégradation du fleuve Niger inquiète à plus d’un titre ».

Outre les déchets solides déversés dans le fleuve, ce dernier est confronté aussi aux déchets liquides que déversent les unités industrielles, ajoutés aux autres déchets (matelas, pneus usés, sachets plastiques) qui sont charriés par le Gounti Yéna (vallée alimentée par des canaux d’évacuation d’eaux usées dans la ville de Niamey) pour les déverser dans le fleuve, accentuant ainsi sa dégradation.

A toutes ces menaces dont il fait l’objet, le fleuve Niger est aussi menacé par un ensablement très poussé dont les conséquences en termes d’inondations affectent durement les populations riveraines. Au plan économique, les conséquences sont aussi énormes. Plusieurs activités économiques pratiquées autour du fleuve sont menacées, à l’exemple de la pêche, le maraichage, les cultures de contre-saisons, le transport fluvial, etc.

Même l’alimentation en eau potable des populations est menacée tant que persiste le phénomène d’ensablement du fleuve Niger qui est d’ailleurs une des principales raisons de la baisse de son débit. Ce dernier va en se rétrécissant d’année en année, alors que le poids démographique s’accroit dans toute la région, particulièrement à Niamey.

Ainsi, du fait de son ensablement, le fleuve Niger est devenu très « perméable » où pendant la décrue, pour abreuver leurs troupeaux ou faire du pâturage, les bergers descendent jusque dans le fleuve. En période de grande chaleur, le fleuve devient un endroit privilégié pour les jeunes pour organiser des pique-niques. Ces derniers arrivent même à se frayer un passage sur le fleuve avec leurs véhicules.

Toute cette situation que vit aujourd’hui le fleuve Niger est en partie la conséquence des pressions qu’exerce l’homme sur ce cours d’eau. En effet, pendant longtemps, l’homme, pour satisfaire ses besoins, n’a trouvé mieux que de détruire la végétation qui constitue le premier manteau protecteur du fleuve du Niger.

D’ailleurs, il est aisé de constater sur les berges du fleuve Niger, allant de la Corniche Yantala au quartier Nogaré et environnants, que ce manteau protecteur a complètement été détruit par l’homme qui a érigé des jardins, des fermes, des habitations et même des parcs de loisirs.

En outre, pour étendre leurs espaces cultivables afin de pratiquer du maraichage ou construire des habitations ou autres, les riverains n’hésitent pas à couper abusivement les arbres qui protègent pourtant le fleuve. Ils détruisent tout le couvert végétal, ce qui favorise surtout l’ensablement du fleuve.

Au vu de l’état de dégradation avancée du fleuve Niger, il importe aux autorités et aux défenseurs de l’environnement, de tout mettre en œuvre pour sauver ce fleuve d’une probable disparition.

Plusieurs types d’actions peuvent être entreprises dans ce sens, notamment la reconstitution du couvert végétal par des actions de restauration de terres dégradées, la mise en valeur des terres, la construction des banquettes (techniques de lutte contre l’érosion), le captage des eaux de crue, les plantations d’arbres sur les berges du fleuve Niger et autour des marres ainsi que des actions de dragage qui consistant à enlever le sable du fleuve.

 Sahirou Youssoufou   

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